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Sahel central, Burkina Faso, Mali, Niger

Sahel central, 8 452 écoles fermées par la violence

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, la violence armée ferme les écoles par milliers. Selon l'UNICEF et le Conseil norvégien pour les réfugiés, 8 452 écoles étaient fermées dans le Sahel central en 2025. Des enseignants réclament d'être protégés.

Une classe en plein air sous un arbre, des élèves de dos
Image d'illustration. Publié le 30 octobre 2026 par Coop'Educ International.

Le 9 septembre 2025, Journée internationale pour la protection de l'éducation contre les attaques, l'UNICEF et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) ont publié leur bilan pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Près de 15 000 écoles y sont fermées à cause de la violence et des conflits, presque deux fois plus qu'en 2019. Dans le Sahel central, le nombre d'écoles fermées est passé de 8 222 à 8 452 en un an. Les deux organisations estiment qu'environ trois millions d'enfants de toute la région ont été touchés par les fermetures en 2025.

Au Burkina Faso, le rapport du Secrétaire général de l'ONU sur le sort des enfants en temps de conflit armé, publié en juin 2026, vérifie pour 2025 au moins 487 violations graves contre 455 enfants. Il recense 26 attaques contre des écoles et des hôpitaux, dont 14 contre des écoles. L'ONU en attribue 16 au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM). Le même rapport compte 110 enfants enlevés, dont 88 lors d'enlèvements de masse.

Au Mali, l'ONU vérifie pour 2025 57 attaques contre des écoles et des hôpitaux, dont 40 contre des écoles, attribuées pour la plupart au JNIM et à des auteurs non identifiés. Après les attaques lancées le 25 avril 2026 dans plusieurs villes du pays, l'UNICEF a signalé une école de la région de Mopti occupée par des personnes armées, avec un engin explosif repéré à proximité. Selon l'UNICEF, au moins 300 enfants ont vu leur scolarité interrompue.

Au Niger, l'ONU vérifie pour 2025 quatre attaques contre des écoles et des hôpitaux, dont une contre une école, et l'enlèvement de 224 enfants. La GCPEA rapporte qu'en janvier 2024, près de Makalondi, dans la région de Tillabéri, un enseignant enlevé en octobre 2023 avec un collègue a été tué. Les enseignants de la zone ont alors cessé le travail. Avec leur syndicat, ils ont réclamé des mesures de protection.

Les chiffres varient d'une source à l'autre. Pour 2024 et 2025, la GCPEA recense 63 attaques contre l'éducation au Mali et 30 au Burkina Faso, après une mise à jour de septembre 2026. Les écarts tiennent aux méthodes et à l'accès au terrain. Pour le Burkina Faso, le Secrétaire général de l'ONU s'inquiète de difficultés d'accès qui entravent gravement la surveillance.

Les conséquences dépassent la salle de classe. L'UNICEF et le NRC rappellent que les attaques et les fermetures prolongées aggravent les inégalités entre filles et garçons. Elles exposent davantage les filles aux mariages d'enfants et aux grossesses précoces. Les deux organisations alertent aussi sur les coupes dans l'aide mondiale, qui menacent les efforts pour garder les enfants à l'école.

Fermer une école ne doit pas signifier arrêter d'apprendre. Les enfants du Sahel central ont droit à des solutions qui leur permettent de continuer à apprendre en sécurité, près de chez eux ou à distance. Elles exigent des enseignants protégés et payés.

Coop'Educ International outille les enseignants pour préparer des plans de mise en sécurité et de continuité adaptés à leur école. Elle demande que l'école reste un lieu neutre, que personne n'occupe et que personne ne menace.

Ce que dit le droit

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont parties à la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, qui protège le droit à l'éducation (article 11) et les enfants dans les conflits armés (article 22). Le droit international humanitaire s'applique aux forces armées comme aux groupes armés non étatiques. L'enlèvement d'enfants et les attaques contre les écoles font partie des six violations graves suivies par l'ONU.

Ce que nous demandons

  1. Que tous les groupes armés et toutes les forces de sécurité cessent toute attaque contre les écoles et toute occupation des bâtiments scolaires.
  2. Que les États du Sahel central protègent les enseignants menacés et maintiennent leur salaire quand une école doit fermer.
  3. Que les bailleurs financent la continuité éducative, à distance ou dans des lieux sûrs, au lieu de la réduire.

D'où viennent ces informations

Ce contenu s'appuie sur les documents publics ci-dessous. Coop'Educ International les relaie et les analyse. Les organisations citées ne sont pas associées à nos demandes.

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