Accueil / Observer / Les enquêtes
France et EuropeFrance et Europe, les lycéens dans la rue pour leur école
Depuis septembre 2026, des lycéens français bloquent leurs établissements pour réclamer des enseignants, des classes moins chargées et des bâtiments dignes. Le mouvement a gagné d'autres pays européens. Des mineurs ont été gravement blessés lors des manifestations.

Tout commence mi-septembre 2026 en région parisienne. Des enseignants dénoncent le manque de professeurs, des élèves les rejoignent, puis les blocus s'étendent à Bordeaux, Rennes, Nantes, Lyon, Lille et Marseille. Les lycéens demandent davantage d'enseignants, moins d'élèves par classe, un plan d'urgence pour les bâtiments scolaires, une réforme de Parcoursup et un allègement de la charge de travail.
La contestation s'est ensuite élargie au coût de la vie et au budget des services publics. Le 17 octobre, 550 000 personnes ont manifesté en France selon le ministère de l'Intérieur. Certaines manifestations ont dégénéré en pillages, incendies et affrontements.
Le bilan humain est lourd, d'abord chez les plus jeunes. Au 6 octobre, les services du Premier ministre recensaient 215 élèves blessés, plus de 700 membres des forces de l'ordre et une centaine de personnels de l'éducation. Plus de 6 000 personnes avaient été interpellées, pour l'essentiel des mineurs. À Lens, un lycéen de 15 ans a perdu une main après l'explosion d'une grenade assourdissante. À Tours, un jeune de 16 ans a perdu l'usage d'un œil. Des enquêtes de l'Inspection générale de la police nationale ont été ouvertes.
Le ministre de l'Intérieur affirme que les forces de l'ordre interviennent avec « la plus grande proportionnalité ». Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a parlé d'un « drame » et ouvert une consultation en ligne pour recueillir les difficultés et les attentes des élèves. Amnesty International appelle à la désescalade, à la protection des mineurs, à l'interdiction des grenades assourdissantes et à la suspension des lanceurs de balles de défense.
La France n'est pas seule. En octobre, des lycéens ont manifesté en Belgique, à Liège puis à Bruxelles, des étudiants en Grèce, et des lycéens en Italie, où le mouvement « Italia in piazza » a repris le slogan « Faisons comme en France », selon Public Sénat. Partout revient la même question. Que vaut le droit à l'éducation quand l'école manque d'enseignants, de moyens et de bâtiments sûrs ?
Coop'Educ International ne soutient aucun parti. Notre rôle est de rappeler que les élèves sont des sujets de droits, y compris lorsqu'ils manifestent, et que l'école doit rester un lieu sûr, ouvert et doté des moyens d'enseigner.
Ce que dit le droit
La Convention relative aux droits de l'enfant, ratifiée par tous les pays européens, garantit à chaque enfant le droit à l'éducation (articles 28 et 29), le droit d'exprimer son opinion sur les questions qui le concernent (article 12) et le droit de se réunir pacifiquement (article 15). L'intérêt supérieur de l'enfant doit primer dans toute décision qui le concerne (article 3), et la privation de liberté d'un mineur n'est qu'une mesure de dernier ressort, pour la durée la plus brève possible (article 37). Les Principes de base des Nations unies sur le recours à la force imposent que tout usage de la force soit nécessaire et proportionné.
D'où viennent ces informations
Ce contenu s'appuie sur les documents publics ci-dessous. Coop'Educ International les relaie et les analyse. Les organisations citées ne sont pas associées à notre analyse.
- Amnesty International France, « Mouvement lycéen, des mineurs face à la répression des forces de l'ordre », 2 octobre 2026
- Public Sénat, « Acte III de la mobilisation lycéenne, le point sur les premières manifestations », 6 octobre 2026
- Euronews, « Mobilisation lycéenne, 488 interpellations et 43 membres des forces de l'ordre blessés, selon le gouvernement », 6 octobre 2026
- Public Sénat, « Les crises sociales en Europe sont-elles nées dans le sillage des manifestations françaises ? », 20 octobre 2026