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UrgenceREPÈRE, l'outil d'urgence des écoles. 72 fiches réflexes, 27 pays.Ouvrir REPÈRE Observatoire9 259 attaques contre l'éducation recensées en 2024 et 2025.Voir les faits

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Usage militaire des écoles et Déclaration sur la sécurité dans les écoles

Écoles occupées, écoles en danger

Selon la Coalition mondiale pour protéger l'éducation contre les attaques (GCPEA), l'utilisation militaire des écoles et des universités a presque doublé en deux ans. Cinq ans après la résolution 2601 du Conseil de sécurité, les États doivent tenir leurs engagements.

Une salle de classe endommagée, un rayon de soleil sur le tableau
Image d'illustration. Publié le 30 octobre 2026 par Coop'Educ International.

Le rapport « Education under Attack 2026 » de la GCPEA, publié en juin 2026, recense au moins 8 566 attaques contre l'éducation et cas d'utilisation militaire en 2024 et 2025 dans 28 pays. La hausse dépasse 40 % par rapport à 2022-2023. Une mise à jour de la GCPEA en septembre 2026 porte ce total à 9 259. Selon la coalition, ces attaques ont atteint au moins 10 600 élèves, étudiants et personnels de l'éducation.

L'utilisation militaire progresse encore plus vite. La GCPEA compte plus de 1 912 cas pour 2024 et 2025, contre environ 1 000 sur la période précédente. Vingt-cinq des 28 pays étudiés sont concernés. La Colombie, la République démocratique du Congo et l'Éthiopie dépassent chacune les 100 cas, selon la coalition.

Les vérifications de l'ONU vont dans le même sens. Pour 2025, le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé, publié en juin 2026, relève l'utilisation militaire de 136 écoles en Haïti, de 82 écoles en République démocratique du Congo et de 63 écoles au Yémen. Il en compte 38 au Myanmar et 37 en Syrie. Ces chiffres ne couvrent que les cas que l'ONU a pu vérifier.

Une école occupée met en danger celles et ceux qui la fréquentent. La résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité considère que cette utilisation « peut transformer les écoles en objectifs légitimes d'attaque ». La GCPEA observe que la proximité des combattants expose les élèves aux munitions, au recrutement et aux violences sexuelles. Au sud de la zone d'Abyei, selon l'ONU citée par la coalition, des soldats de l'armée du Soudan du Sud occupaient encore des écoles en octobre 2025, malgré le statut démilitarisé de la zone.

Les armes explosives aggravent les dégâts. La GCPEA relève la présence de drones dans environ 300 attaques contre l'éducation. En Ukraine, l'UNICEF rapporte, d'après les estimations du gouvernement, plus de 4 200 établissements d'enseignement endommagés ou détruits depuis le début de la guerre. À Gaza, le Cluster Éducation estimait en juillet 2025 que 97 % des écoles avaient subi des dommages.

La Déclaration sur la sécurité dans les écoles offre un cadre d'action. Ouverte en mai 2015, elle réunit 123 États en février 2026, selon la GCPEA, dont trois depuis la parution du rapport précédent, en 2024. Les États qui y adhèrent s'engagent notamment à appliquer les Lignes directrices de 2014 pour protéger les écoles et les universités contre l'utilisation militaire. En novembre 2025, la cinquième conférence internationale sur la Déclaration a réuni à Nairobi plus de 400 participants venus de 57 gouvernements, d'agences de l'ONU et de la société civile, d'après la coalition.

Adhérer ne suffit pas. Les Lignes directrices demandent aux forces armées de ne jamais utiliser une école en activité pour appuyer l'effort militaire. La GCPEA appelle les États à transposer ces normes dans leur droit national et à mettre fin à l'utilisation militaire des écoles. Coop'Educ International forme les personnels éducatifs à refuser par écrit toute occupation et à signaler les faits, sans jamais s'opposer physiquement à des personnes armées.

Ce que dit le droit

Les écoles sont des biens de caractère civil. Le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève interdit de les attaquer tant qu'elles ne sont pas devenues des objectifs militaires (article 52). Le Statut de Rome range parmi les crimes de guerre les attaques intentionnelles contre des bâtiments consacrés à l'enseignement (article 8). La résolution 2601 (2021) condamne l'utilisation d'écoles à des fins militaires et demande aux États que leurs forces armées s'en abstiennent.

Ce que nous demandons

  1. Que les États qui n'ont pas encore adhéré à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles le fassent sans délai.
  2. Que les 123 États qui y ont adhéré intègrent les Lignes directrices dans la doctrine et la formation de leurs armées.
  3. Que chaque État inscrive dans son droit national la répression des attaques contre l'éducation.
  4. Que la surveillance des attaques par l'ONU et la société civile soit financée durablement.

D'où viennent ces informations

Ce contenu s'appuie sur les documents publics ci-dessous. Coop'Educ International les relaie et les analyse. Les organisations citées ne sont pas associées à nos demandes.

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