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Afghanistan, éducation des fillesAfghanistan, 2,4 millions de filles privées de collège et de lycée
Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, les filles afghanes ne peuvent plus étudier au-delà du primaire. Selon l'UNESCO, 2,4 millions d'entre elles sont exclues de l'enseignement secondaire en 2026. Aucun autre pays n'impose une telle interdiction.

Le 11 août 2026, l'UNESCO a publié son estimation. En 2026, environ 2,4 millions de filles restent exclues de l'enseignement secondaire en Afghanistan. Selon l'agence, l'Afghanistan est le seul pays au monde à interdire formellement aux filles et aux femmes l'accès à l'éducation au-delà du primaire. Les jeunes femmes sont aussi exclues de l'université.
Ce recul est brutal. Selon l'UNESCO, près d'un million de filles étaient inscrites dans l'enseignement secondaire en 2021, alors qu'en 2001 leur accès restait très limité. Ces progrès ont été interrompus en quelques mois. Le calendrier de cette exclusion est connu. En mars 2022, les autorités de fait ont maintenu fermés les collèges et les lycées de filles. En décembre 2022, elles ont fermé l'université aux femmes, rappelle l'UNICEF. Depuis, chaque fillette qui achève la sixième année du primaire doit quitter l'école.
Le total augmente chaque année. Selon l'UNICEF, plus de 2,6 millions de filles ont été privées d'enseignement secondaire depuis 2021, et le retour de plus de 2,7 millions de personnes d'Iran et du Pakistan depuis 2023, dont 60 % d'enfants et de jeunes, grossit encore ce nombre.
L'interdiction fragilise tout le système éducatif. L'UNESCO souligne que l'interdiction faite aux enseignantes d'enseigner aux garçons aggrave le manque de professeurs. Selon l'UNICEF, le pays risque de perdre plus de 20 000 enseignantes d'ici 2030, et l'effectif des enseignantes de l'éducation de base a déjà reculé de plus de 9 % entre 2022 et 2024. Sans lycéennes ni étudiantes aujourd'hui, le pays formera moins d'enseignantes demain.
Enseigner aux filles expose à des risques. La Coalition mondiale pour protéger l'éducation contre les attaques (GCPEA) rapporte que le 25 janvier 2025, dans la province de Ghor, des agents du renseignement taliban auraient fermé un centre de langue anglaise qui accueillait des filles au-delà de la sixième année. Ils auraient arrêté son directeur et quatre enseignants, dont une enseignante. Pour 2024 et 2025, la GCPEA recense 201 attaques contre l'éducation dans le pays, un total révisé en septembre 2026.
Le rapport du Secrétaire général de l'ONU sur le sort des enfants en temps de conflit armé, publié en juin 2026, attribue aux talibans 125 des 128 attaques contre des écoles et des hôpitaux vérifiées en Afghanistan en 2025. Le Secrétaire général y exhorte les talibans à lever la suspension de l'éducation des filles. Il leur demande aussi de revenir sur les lois et politiques qui restreignent les droits des filles.
Les Afghanes continuent d'apprendre quand elles le peuvent. Selon l'UNESCO, près de 70 000 personnes ont suivi ses programmes d'apprentissage dans le pays, dont 73 % de femmes. Ces initiatives comptent d'autant plus que près de la moitié des Afghans vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'UNESCO. Elles ne remplacent pas le droit d'aller au collège, au lycée et à l'université.
Coop'Educ International alerte sur le risque de voir cette exclusion considérée peu à peu comme normale. L'association outille les enseignants qui veulent faire connaître cette situation à leurs élèves. Elle demande à la France et à l'Union européenne de faire du retour des filles à l'école une condition de toute relation avec les autorités de fait.
Ce que dit le droit
L'Afghanistan est partie à la Convention relative aux droits de l'enfant, qui demande de rendre l'enseignement secondaire ouvert et accessible à tout enfant (article 28). Il est aussi partie à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, qui impose l'égalité entre filles et garçons dans l'éducation (article 10). Ces engagements lient l'État, quel que soit le pouvoir en place.
Ce que nous demandons
- Que les autorités de fait rouvrent sans condition les collèges, les lycées et les universités aux filles et aux femmes.
- Que la France et l'Union européenne fassent de ce retour une condition explicite de toute évolution de leurs relations avec ces autorités.
- Que les bailleurs financent dans la durée les solutions d'apprentissage pour les Afghanes.
- Que les enseignants arrêtés pour avoir instruit des filles soient libérés.
D'où viennent ces informations
Ce contenu s'appuie sur les documents publics ci-dessous. Coop'Educ International les relaie et les analyse. Les organisations citées ne sont pas associées à nos demandes.
- UNESCO, « Five years on, UNESCO calls for the full restoration of the right to education for Afghan girls and women », 11 août 2026
- UNESCO, par l'Associated Press, « 2.4 million Afghan girls shut out of secondary school during 5 years of Taliban rule, UN says », 11 août 2026
- UNICEF, « Plus de 2,6 millions de filles en Afghanistan ont été privées d'accès à l'enseignement secondaire depuis 2021 », 14 août 2026
- GCPEA, Education under Attack 2026, résumé et mise à jour des données de septembre 2026
- Nations unies, Le sort des enfants en temps de conflit armé, rapport du Secrétaire général A/80/723 S/2026/357, 16 juin 2026